Ma tendre et chère,
Je t’écris ce soir dans l’Eglise. Dehors, le ciel bave d’étoiles et la lune rousse nous éclaire d’une belle lueur d’été. J’écris pour te demander de m’enlever loin d’ici. Je serais radié, tant-pis. Tu sais, tu ris comme les matins chantent, comme une fleur qui n’aurait jamais fané, comme tout et comme personne. Si je me raccroche à ton rire c’est qu’on l’a longtemps banni des Eglises, avec le sacré on ne rigole pas, en tout cas le plus clair du temps. Mes collègues prêtres sont sobres et sombres, jamais ils n’ont dû tomber amoureux ou alors ils se mentent à eux-mêmes. Moi je suis tombé amoureux de toi il y a sept mois, rappelle-toi des premiers mots que nous avons échangé. Il était clair, il était destiné que je devrais un jour partir et que tu m’emmènerais dans tes valises. Rassure-toi, je ne fais que 55 kilos, si elle a de bonnes roulettes c’est une solution envisageable.
Je veux tout connaître, tout apprendre, tout faire avec toi. Tu es mon âme sœur. Tu peuples mes rêves, tu habites mes journées, tu me donnes l’envie d’aimer, pas pour ma petite personne exclusivement mais pour être une épaule sur laquelle tu pourras te reposer, un cœur qui ne saura que t’aimer et des bras qui ne pourront que t’enlacer.
J’ai découvert l’amour si tard, j’ai l’impression d’avoir mille ans à rattraper. Je n’ai pas un compte en banque bien garni, j’aurais dû monter un trafic d’eau bénite mais voilà, je suis fauché comme le blé et je suis prêt à tout pour ne pas dépendre de toi, même à mendier. Nous trouverons quelque part où nous installer ma douce, je t’en fais la promesse. Je t’aime, t’aime, t’aime, comme cette lune rousse dehors, comme le soleil qui rayonne et dont j’ai vu les rayons bondir sur ta chevelure blonde. Je n’invente rien, j’ai vraiment vu ses rayons, et c’était comme si Dieu habitait le soleil et qu’il m’avait envoyé ta personne sacrée. Je t’aime dans les lieux sombres et humide comme ici et comme les longues journée d’été. Je t’aime pour ton sourire, ton rire et ta pugnacité. Je t’aime pour quand tu m’as dit ‘Je t’aime’ au creux de mon oreille droite, j’entends moins bien de la gauche depuis. Prends moi demain, quand tu recevras mon message. Prends moi dimanche, jour du Seigneur, les fidèles trouveront bien quelqu’un pour me remplacer.
Prends moi, ma vie est tienne. Je t’aime.
Ethan

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