Rêveries

Nouvelles et autres surprises, par Arthur Cdl

Romain Gary, Albert Camus et JMG Le Clézio sont mes auteurs préférés, j’aime le bleu et les étoiles.

Sensible aux charmes de la vie, j’écris depuis tout petit sans l’assumer vraiment. Je prône maintenant un Art universel et accessible. Formé en tant que comédien aux cours Charmey à Vannes, mes intérêts ne se réduisent pas à l’écriture. J’espère que mes textes sauront les traduire avec autant de justesse que possible. Bonne lecture !

J’ai juré

Ça m’est venu au cours d’une nuit glaciale, comme une envie de pisser. Je suis sorti sans enfiler de manteau ni d’écharpe et j’ai contemplé les étoiles. On a beaucoup trop écrit sur elles pour vous en faire un tableau assez original. Si je devais vous décrire le spectacle, je le ferais avec les mots d’une de ces langues depuis longtemps oubliées qui échappe encore aux intelligences artificielles. Peut-être qu’il y a en elles une certaine magie, et que certains mots restent gravés au plus profond de nous. Peut-être que c’est là l’héritage le plus sacré laissé par nos ancêtres. Ils ne nous ont pas forcément transmis que des dispositions génétiques merdiques et une calvitie précoce. On devrait tous consacrer quelques minutes de nos journées à inventer des mots, ou plutôt à en retrouver, et à les prononcer. La clé de la libération humaine n’est peut-être pas dans la religion, la méditation, le spiritisme et le yoga, elle tient peut-être en quelque sonorités qu’il faudrait restituer.  

En Français comme dans toutes les langues vivantes, en voyant quelque chose comme la voie lactée ce soir-là, on est bien vite à court de formules et de superlatifs. On a une vague idée des mots qu’il ne faut pas employer (comme poulpe, ou spatule, encore que ces mots se prêtent à certains dessins du firmament) et on se dit qu’il y a quelque chose à chercher du côté des étoiles qui tremblent, de l’Univers qui s’étire et qui nous parle en morse, de cette merveilleuse robe à pois éclatants qui nous enveloppe tous et de ce spectacle qui comble un instant le vide de nos petites existences fragiles. Tout m’a semblé absurde, plat, creux et vide.

« Putain de merde, quoi ! » Voilà tout ce que j’avais trouvé de plus Français à crier aux étoiles, cette nuit-là. Je n’en suis pas très fier, parce que, franchement, chaque étoile se respecte. C’est quelque chose de plus grand et de plus sage que nous. Une étoile, ça ne ment pas, ça ne triche pas, ça ne trahit pas : Ça se forme, ça se consume et ça meurt, mais on leur doit tout, même nos atomes. Tout : notre naissance, nos premiers baisers, nos premières larmes, nos joies et nos peines, nos craintes et nos désirs, nos vices, nos vertus, nos succès, et notre propre mort, aussi.

J’ai donc juré, l’Univers m’en soit témoin, et les lecteurs, aussi. J’ai juré car c’était trop de beauté pour moi. Le ciel le lendemain matin n’était pas déplaisant non plus, peuplé d’espèces de nuages de velours un peu roses et difformes, un peu comme si Dieu s’était mis à manger de la barbapapa. Mais enfin voilà, vous avez saisi l’idée.

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